Compétition et éthologie équine: Andy Booth et Gwendolen Fer nous partagent leurs expériences

Andy Booth et Gwendolen Fer sont tous 2 des cavaliers de renommée internationale et enseignants, sans pour autant être amenés à se croiser sur les terrains de concours. Leur passion est commune, celle des chevaux, à qui ils ont voué leur vie. Leurs activités respectives, l’éthologie équine et le sport de haut niveau, sont pour autant souvent séparées. Découvrez l’interview commune de ces 2 grands Antarès riders.

Comment est née cette rencontre ?

Gwendolen Fer : Cela fait un moment que je m’intéresse à l’éthologie équine. J’y ai été sensibilisée par Anaïs (ndlr : salariée de Gwen depuis 1 an) qui a ses brevets fédéraux d’éthologie. Ma grossesse est l’occasion de me former là-dessus, puisque l’on est toujours pris par le temps dans mon métier. J’ai demandé à Maxime (ndlr : le compagnon de Gwendolen), qui connaît Andy par l’intermédiaire de l’équipe de France d’endurance, de le joindre afin que l’on puisse organiser un stage. J’avais vraiment envie d’évoluer et d’apprendre. Cette idée a plu à Andy qui m’a proposé de venir aux écuries.

Andy Booth : En effet, j’ai rencontré Maxime lors d’un stage avec l’équipe de France d’endurance. On a vu qu’il y avait beaucoup de similitudes dans nos métiers. Le sien est la préparation mentale de l’Homme, où il y a toute la problématique liée au stress ainsi que la partie émotionnelle du cavalier. Me concernant, c’est la même chose, mais appliquée au cheval. On a donc discuté des différents problèmes liés au mental et à l’émotionnel, en lien avec le physique. Par la suite, Max m’a contacté afin que l’on organise un stage.

Dans un premier temps, je ne voulais pas organiser un stage « normal », car je connais la réputation de Gwen sur le haut niveau. J’avais besoin de temps pour bien lui expliquer et montrer le sujet avant d’être dans la situation où il y a 8 élèves et autant de chevaux à gérer. Je voulais un environnement de travail plus « cool » pour aborder les différents sujets et travailler les chevaux ensemble, sans être pris par le travail que demande un stage. Si je dois encadrer des élèves, je n’ai pas toujours le temps de discuter. C’est compliqué de faire le lien avec « le sport ». Je vais me concentrer sur « la base » et je vais être pris par tous les autres clients. Le tête-à-tête est compliqué. L’idée en venant chez Gwen, c’était d’avoir un vrai échange. Ça m’intéresse toujours le travail avec le haut niveau. Il y a une vraie crédibilité, ce qui manque un peu parfois.

Haut niveau et éthologie équine sont 2 milieux complémentaires, que pensez-vous pouvoir tirer de vos expériences mutuelles ?

Gwendolen Fer : J’ai pensé à l’éthologie à partir du moment où j’ai rencontré des difficultés avec certains chevaux qui montraient toutes les qualités pour faire du haut niveau, mais qui avaient un caractère particulier. Malgré mes efforts, j’arrivais au bout de ce que je pouvais leur apprendre. Ou en tout cas, à la limite des solutions que je pouvais avoir. Et j’entends par cela des solutions autres que techniques. Telles que de santé… Bien que j’ai de l’expérience avec des chevaux jugés parfois « difficiles », je me suis dit qu’il y avait une solution différente pour mieux travailler. C’est vrai que l’éthologie équine était quelque chose que je ne connaissais pas. Et cela peut vraiment apporter des solutions complémentaires.

Évidemment, il y a la partie « sport » avec toutes les difficultés techniques. Je ne peux pas dérouler une reprise en cordelette pour faire de la compétition. Mais ce que je veux dire par là, c’est que c’est complémentaire, ne serait-ce que pour le travail à pied, que je ne connaissais pas du tout. À l’époque où je passais mes galops et examens fédéraux, cela n’était pas proposé. Donc tout cela était inconnu pour moi. C’est dans cette optique là que je me suis dit que ça pouvait être complémentaire et m’aider dans le travail avec mes chevaux de haut niveau.

Andy Booth : On parle d’équitation éthologique, mais je pense que le vrai sujet, c’est de parler d’éducation équine. L’éducation de l’animal n’est pas forcément que la technique. C’est une des raisons pour laquelle je suis venu en France. Je trouve la technique équestre très intéressante et assez forte. Mais on ne peut pas être « que » des techniciens. Pour éduquer un animal, il faut aussi être des « animaliers ». J’ai toujours pensé que si on pouvait avoir l’éducation animale et la technique équestre, on pouvait avoir des couples formidables et imbattables. Mais souvent, les très bons cavaliers sont de très bons techniciens, mais pas forcément de très bons animaliers. Et je dis ça avec beaucoup de diplomatie. Il y a des techniciens qui pensent être de vrais hommes de chevaux. Et inversement, il y a de très bons hommes de chevaux qui ont des lacunes techniques. Moi-même, j’aurais des difficultés si je devais reproduire ce que fait Gwen techniquement. Je peux commencer le travail sur 2 pistes, faire des changements de pied. À partir de ce moment-là, je commence à atteindre mes limites. Et je les connais. Parce que je suis un expert dans « les fondations ».

Parfois, un technicien peut mal interpréter un comportement. Par exemple, si le cheval ne veut pas s’approcher de la rivière, le cavalier va mettre de plus en plus de pression. Donc le cheval voudra de moins en moins s’approcher de la rivière… Finalement cheval et cavalier sont dans un cercle vicieux. Et ce n’est pas une absence de technique, mais bien de compréhension et de connaissances de l’animal. Quand on a une bonne connaissance des fondations et de l’animal, on ne peut que l’aider. Ce qui amène donc vers la compétition.

J’ai toujours considéré l’éthologie équine comme un gros livre avec 4 chapitres :
1. la compréhension, 2. les fondations, 3. l’équitation, et 4. la compétition.
Il arrive qu’il y ait quelques lacunes sur les premières parties : la compréhension et les fondations. Je trouve que c’est très difficile d’aborder le 4ème chapitre sans avoir les 2 premiers. Et c’est là où j’interviens. Je peux aider sur le chapitre 1 et 2, puis Gwen les chapitres 3 et 4. Je trouve que l’échange ne peut être que très bénéfique pour l’équitation, la compétition, les chevaux et les cavaliers. C’est important de le faire. Si l’équitation éthologique reste un sujet séparable de l’équitation et de la compétition, finalement elle ne sert à rien. Il faut absolument que ce lien soit fait. Que la compréhension et la fondation soient au service de l’équitation.

Comment gérer le stress de son cheval en concours ?

Andy Booth : Dans un premier temps, il faut commencer par les fondations. Gérer le stress en concours revient parfois à avoir loupé un épisode. C’est quelque chose que le cavalier aurait dû anticiper avant. Le stress chez l’Homme, c’est un sujet important sur lequel nous avons beaucoup échangé avec Maxime. Si l’Homme n’arrive pas à gérer ses propres émotions, c’est difficile de gérer en plus celles d’un cheval. Pour y parvenir, il faut mettre en place des fondations très solides. Si ce n’est pas le cas, lorsque l’on arrive sur la construction d’autre chose, tout s’effondre. Il faut donc une très bonne base. Si on y parvient, on devrait être moins sujet aux problématiques de stress sur le terrain de concours. Si la base n’est pas très solide, le cheval peut être en difficulté très rapidement. Il faut donc mieux se préparer avant pour éviter de regretter après.

Pour preuve, avec les chevaux que nous avons travaillés aujourd’hui, j’ai revu des notions de débourrage. Même s’il s’agit de chevaux de haut niveau. Les fondations, c’est une des clés.

Gwendolen Fer : Pour moi, quand les chevaux sont sujet au stress, ça peut être lié à différentes choses : le cavalier qui lui impacte son stress, des situations qui n’ont pas été agréables pour le cheval sans que l’on s’en rende compte… Mais ça peut aussi, et surtout selon moi, être quand ça va trop vite. Lorsque l’on amène des chevaux trop rapidement dans des épreuves difficiles, ils peuvent s’inquiéter et se mettre dans des situations de stress. Cela dépend donc en partie de la manière dont on gère les jeunes chevaux. Si on est patient avec eux et qu’on les amène progressivement aux étapes supérieures, sans les brusquer, ils sont censés être dans un moule agréable pour eux. Mais une fois que ça, c’est raté, c’est plus compliqué. C’est là qu’Andy intervient.

Il y a également d’autres situations que je sais moins gérer et pour lesquelles je recherche des solutions. Comme celle d’un cheval qui se retrouve seul en piste alors qu’il était dans un paddock avec de nombreux chevaux juste avant. C’est dans ce genre de situations que j’ai besoin d’apprendre.

Andy Booth : On parle des fondations avant d’aller sur la compétition, mais il faut aussi que toutes les règles ne changent pas en compétition. Pour imager ce que je dis, il faut s’imaginer que « les règles à la maison sont les mêmes qu’au restaurant ». J’ai déjà vu des chevaux qui faisaient des coliques simplement parce qu’on les nattait. Donc c’est à ce niveau là qu’il y a un problème associatif. Il faut donc faire en sorte que le début en concours soit le même qu’à la maison. Ça doit être le plus similaire possible pour que le cheval ne se dise pas qu’en concours, c’est horrible ! Alors oui, on peut se mettre une petite pression car l’on est en concours, mais il faut à tout prix éviter l’association : compétition = gros stress. Sinon, on arrive rapidement dans ces problèmes. Tout va bien à la maison, mais en concours, c’est l’horreur. C’est souvent que les règles du concours ne sont pas les mêmes qu’à la maison. Le cheval ne devrait pas faire de différence entre la maison et le concours. On s’habille différemment, mais c’est tout.

Quand je fais des démonstrations, aussi petites soient elles, il y a toujours le micro, la musique, et des éléments extérieurs qui donnent de l’ampleur à l’événement. Ça reste l’occasion de faire des rectifications. Le premier show ne sera jamais le meilleur puisque je vais devoir reprendre certaines choses que je ne veux pas laisser passer. Et ça peut prendre du temps. Alors que si je les laissais passer, ça serait beaucoup plus rapide. Il ne faut pas confondre correction avec punition. S’il y a quelque chose que je n’ai pas demandé, je dois corriger. Si à la maison c’est carré, mais que ce n’est pas le cas lorsqu’il y a du public, ça ne va pas aller du tout.

Comment faire en sorte que son cheval prenne du plaisir en concours ?

Andy Booth : Il ne faut pas que le cheval perde le contexte de son environnement ou de son cavalier. J’aime bien dire que « le cheval à l’impression de gérer son australien » (ndlr : Andy Booth est d’origine australienne). Surtout en détente. Je mets ma jambe, mon cheval réagit bien, j’arrête de mettre ma jambe. Je fais intervenir ma main, mon cheval réagit bien, j’arrête de mettre ma main. Chaque fois que je mets un point de pression, le cheval sait comment faire en sorte que ça s’arrête. Je le laisse gagner mais je n’utilise pas mes aides pour forcer. J’utilise le fait d’arrêter d’utiliser mes aides pour avoir la réponse et éduquer. Je donne au cheval la gestion de l’environnement. S’il a l’impression qu’il n’y a aucun problème sans solution, alors normalement il ne va pas être stressé ou trouver que c’est un mauvais moment.

Maintenant est-ce qu’il trouve que c’est le meilleur moment de sa vie… ? Le cheval ne choisit pas d’aller en compétition, c’est nous ! Mais l’idée qu’il puisse garder le contrôle sur son environnement est la meilleure chose qui soit. Je pense que, si les démonstrations en dehors de mes écuries se passent bien, alors il peut y avoir une association attractive. C’est à nous d’expliquer au cheval que c’est agréable. La plupart de mes chevaux me trouvent plus rigolo en démonstrations qu’à la maison. Donc ils se mettent bien.

Gwendolen Fer : De mon côté, j’ai des chevaux de concours. Romantic, par exemple, va être mou à la maison, mais dès qu’il arrive sur le terrain il a l’œil qui pétille et il a envie de tout faire pour être performant. Au contraire, il y a des chevaux introvertis qui se sentent « tous petits » lorsqu’ils arrivent en compétition. C’est pourquoi je pense qu’il faut arriver à les rassurer et à reproduire un peu le même schéma qu’ils ont à la maison. Même si ce n’est pas toujours vraiment possible.

Par exemple mes chevaux vont beaucoup au pré, et en compétition ils sont au box. Il va falloir donc plus les sortir. Et finalement on s’occupe plus d’eux, car on a moins de chevaux à gérer. On est plus avec eux, à les masser, à leur faire des soins. Donc je pense qu’ils prennent aussi du plaisir. Les chevaux de haut niveau, du moins ceux que j’ai montés et emmenés sur des cross, ont certes un peu de stress, mais ils ont quand même envie d’y aller. S’ils ne prenaient vraiment pas de plaisir à faire ça, à partir d’un certain niveau, ça serait impossible de les forcer. Ça leur demande beaucoup de courage et de confiance en leur cavalier pour qu’ils se dépassent à ce point. Je pense donc que les chevaux de haut niveau prennent du plaisir à faire ça, et qu’on leur offre aussi du confort.

Andy Booth : C’est un élément important. On est encore plus présent dans ce genre de moment qu’à la maison. Certains de mes chevaux pensent sûrement que je leur demande les choses avec plus de peps lorsque je suis en concours, qu’à la maison. C’est une association attractive. C’est avec les chevaux un peu plus sensibles que c’est plus difficile.

Quels sont, selon vous, les meilleurs exercices pour favoriser la communication avec son cheval ?

Andy Booth : Pour moi, ce n’est pas vraiment d’être dans la technique. L’une des raisons pour lesquelles je voulais prendre du temps avec Gwen lors de ce stage, c’est que l’équitation éthologique n’est pas séparable de l’équitation. Et on ne peut pas faire de l’équitation éthologique 2 fois par semaine. On a une certaine compréhension de l’animal que l’on intègre dans notre travail. Et à ce moment-là, ça sert à quelque chose.

Il n’y a donc pas un exercice. Mais l’important c’est d’avoir un animal qui n’est pas peureux, et d’avoir le contrôle de ses pieds. Et si j’ai le contrôle de ses 4 membres pour avancer/reculer/isoler les hanches/isoler les épaules, au sol et monté, l’environnement ne peut pas prendre le contrôle sur l’animal. Mais si je n’ai pas une bonne base de contrôle, l’environnement, surtout en compétition, prend le dessus et là… L’écran, les spectateurs et tout le reste vont prendre de l’importance. Le risque ce sont les mauvaises associations. Le cheval peut avoir peur car je n’ai pas de concentration.

Je dois donc avoir la confiance, le contrôle (des 4 pieds), et la concentration. Normalement, si j’ai les 2 premiers, j’ai le 3e. Mais si je n’ai pas de confiance et de contrôle, l’environnement va prendre le contrôle et là, on est mal !

Gwendolen Fer : Pour moi, c’est varier le travail. Si tous les jours le cheval fait du dressage et qu’on lui demande la même chose sans faire de pause dans le travail, au bout d’un moment, ils n’en n’ont plus envie. Mes chevaux vont beaucoup dehors, je pense que c’est important. Je travaille aussi beaucoup dans les champs. On parlait de Romantic qui lui est blasé de la carrière. Je vais souvent dans les champs et je travaille le dressage. Je me sers aussi du vallonnement.

Les chevaux y gagnent aussi au niveau du moral. Je pense que ce n’est pas quelque chose qu’il faut que l’on perde de vue. Il leur faut apporter de la variation dans le travail et les environnements. Je pense que c’est comme ça qu’ils vont y trouver du plaisir. On va donc augmenter la communication que l’on a avec eux et développer de la confiance.

Andy Booth : C’est sûrement le gros avantage du concours complet par rapport à d’autres milieux puisque c’est varié. C’est ce que je disais à Gwen justement : il y a beaucoup de cavaliers de concours complet qui s’intéressent à l’éthologie équine alors que c’est ceux qui en ont le moins besoin. Il y a pas mal de variétés et donc d’équilibre. Trop de constance, c’est gênant pour les chevaux. Mais trop de variété est également dérangeante.

Comment gérer la contre-performance d’un concours ?

Gwendolen Fer : Il faut prendre le temps de digérer. Après, c’est de la remise en question et de l’analyse. Regarder les parcours, chercher à comprendre les erreurs, se servir des personnes extérieures et nous montrer des choses que l’on n’a pas forcément vues (je parle du coach, puisque, peu importe le niveau que l’on ait, il est primordial). Il faut se servir de tout ça pour chercher à rebondir, à s’améliorer et à ne pas reproduire les mêmes erreurs. Je pense que ce qui fait la différence entre un bon cavalier, et un cavalier de haut niveau.

C’est la remise en question et l’analyse de l’échec pour pouvoir rebondir. Selon moi, si on veut rester performant, on ne peut pas rester plusieurs jours à s’apitoyer sur son sort. Ça ne marche pas. Quand je parle de digérer, je parle d’une soirée. Le lendemain matin, on doit reprendre le travail et déjà être dans la recherche de la prochaine performance. C’est ce qui fait la différence entre les bons et les très bons. Au-delà de l’aspect technique et du travail, ça va être d’accepter d’avoir de mauvaises séances et d’être « dans le mal ». Donc il faut accepter tout cela et ne rien lâcher.

Andy Booth : C’est peut-être un cliché, le genre de phrase que tu vois sur Facebook mais qui est une vérité qui est : « je ne perds pas, soit je gagne soit j’apprends ». Et donc de se dire « ok, qu’est-ce que j’ai appris avec cet échec ? ». Moi, je suis assez stressé quand je fais une démonstration. Je ne suis pas magicien, je ne sais pas si tout va se passer comme je l’espère. Mais je connais mon boulot. Je ne suis pas dans ma zone de confort mais je suis dans ma zone de compétences. Ça reste quand même stressant même si j’aime bien être hors de la zone de confort. Mais parfois, ça se passe moins bien. Je me demande alors ce que je peux apprendre de ça. Être capable de se remettre en question et de continuer. Surtout, il ne faut pas rester bloqué là-dessus. Comment faire mieux et passer à autre chose ? Ne pas bloquer sur la négativité. Ok ça arrive, on y va !

Autre chose, il faut rester plus fasciné par la difficulté que frustré. À mes débuts, lorsque je travaillais avec des chevaux compliqués, j’étais très frustré et donc le cheval stressait. Et les 2 ensemble, ça ne marche pas. Donc j’ai dit « ok, au lieu d’être frustré, je vais trouver ça fascinant et me demander ce que je vais pouvoir faire ». Et à partir de ce moment-là, c’est devenu beaucoup plus facile. En tout cas, plus facile à vivre pour moi.

Andy, tu travailles de plus en plus avec des compétiteurs. Pourquoi les cavaliers de haut niveau te sollicitent-ils ? Dans quel(s) but(s) ?

Andy Booth : Dans notre cas, Gwen ne m’a pas appelé pour un problème. Ce n’était pas dans cette démarche, de venir comme un mécanicien pour trouver une solution. Et c’est malheureusement souvent le cas. Et le problème est généralement la conséquence d’une absence d’éducation. J’espère que dans un futur proche, je serais appelé pour aider les cavaliers à bien éduquer les chevaux pour ne pas avoir de problème à résoudre. Réparer des problèmes, c’est un petit peu dangereux pour moi puisque je dois parfois monter des chevaux qui ne sont pas assez éduqués. Et je trouve que c’est aussi passer à côté du sujet. C’est un petit peu futile de n’éduquer le cheval que sur une séance. Par la suite, les mauvaises habitudes reviennent. Ici, avec Gwen, c’était vraiment dans cette démarche. C’est une volonté de découverte pour un travail approfondi. Ce qui est beaucoup plus rare.

Gwen contrebalance ce discours avec le fait que les cavaliers de haut niveau manquent souvent de temps compte tenu de leurs programmes de concours. Le peu de temps passé aux écuries est consacré aux chevaux et les journées sont souvent assez longues. Elle met en avant le fait que sa grossesse lui permet de s’octroyer ce moment et aimerait pouvoir avoir atour d’elle une équipe formée à l’éthologie équine.

Nous remercions Andy et Gwen d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Cette interview a été l’occasion de partager des points de vue très complémentaires dans lesquels on retrouve pour autant beaucoup de similitudes. Nous en profitons pour souhaiter à Gwen et Maxime beaucoup de bonheur dans leur nouveau projet personnel.